Un nom n'est jamais innocent. Celui d'une maison dit, en un mot, ce qu'elle place au-dessus du reste. Le nôtre vient d'une vieille idée philosophique, et il résume, mieux que n'importe quelle formule, notre manière de voir.
Le mot et son origine
Le noumène, c'est la chose telle qu'elle est en elle-même, par-delà ce que nos sens en perçoivent. Le philosophe Emmanuel Kant l'opposait au phénomène : ce qui apparaît, ce qui se montre. D'un côté la surface, visible de tous ; de l'autre, ce qui demeure caché, et qui est pourtant le réel.
Nous avons choisi ce mot parce qu'il dit une conviction simple : ce qui compte vraiment se voit rarement.
Ce qui ne se voit pas
Chacun porte une vie intérieure que le regard des autres ne saisit pas. Des journées denses derrière un visage calme. Une agitation que rien ne trahit. Un effort que personne ne mesure. La part la plus vraie de nous échappe, par nature, à ce qui s'expose.
Préférer l'essence à l'apparence : faire de ce qui ne se voit pas quelque chose de beau.
Un objet qui ne crie rien
De là vient aussi notre manière de concevoir chaque flacon. Nous voulions des objets qu'on pose sans y penser, qu'on expose sans rien avouer. Rien, dans leur forme, ne désigne celui qui les tient. Ils ne disent pas « voici ce qui me manque » ; tout au plus « voici un beau geste que je m'accorde ». La discrétion n'est pas ici une pudeur : c'est un principe.
Noumène tient entière dans cette idée. Faire de l'attention portée à l'invisible, à ce qui se passe en nous, sous la surface : non pas un aveu, mais une élégance.
— Florent