En Bref

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La multiplication du même

René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Chapitre XXI, Caïn et Abel.

La « solidification » du monde a encore, dans l’ordre humain et social, d’autres conséquences dont nous n’avons pas parlé jusqu’ici : elle engendre, à cet égard, un état de choses dans lequel tout est compté, enregistré et réglementé, ce qui n’est d’ailleurs, au fond, qu’un autre genre de « mécanisation ».

Il n’est que trop facile de constater partout, à notre époque, des faits symptomatiques tels que, par exemple, la manie des recensements […], et d’une façon générale, la multiplication incessante des interventions administratives dans toutes les circonstances de la vie, interventions qui doivent naturellement avoir pour effet d’assurer une uniformité aussi complète que possible entre les individus, d’autant plus que c’est en quelque sorte un « principe » de toute administration moderne de traiter ces individus comme de simples unités numériques toutes semblables entre elles, c’est-à-dire d’agir comme si, par hypothèse, l’uniformité « idéale » était déjà réalisée, et de contraindre ainsi tous les hommes à s’ajuster, si l’on peut dire, à une même mesure « moyenne ».


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L’immigré est-il humain ?

Lors de débats sur l’immigration, on entend souvent, au départ, que c’est une bonne chose d’offrir à des étrangers qui vivent mal dans leur pays de pouvoir vivre décemment chez nous. Et lorsque l’on pousse la discussion plus loin, l’argument qui sort systématiquement est que l’immigré fait des métiers que le Français refuserait.

Dès lors, on peut se poser deux questions :

  • Quelle est la considération que l’on a pour un étranger dans cette condition ? Cela sous-entend-il que l’étranger nous est inférieur, et que donc, cela est moins rabaissant pour lui de faire un métier qui le serait pour un Français ?
  • Comment passe-t-on d’un argument altruiste à un argument raciste ?

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La liberté sacrifiée

Selon une citation bien connue, et à laquelle on a eu droit pendant quelques temps, il paraît que “Celui qui sacrifie sa liberté pour sa sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre”.

Soulignons deux points au sujet de cette citation :

  • Celui qui a fait cette citation, pourtant Benjamin Franklin, n’avait pas de formation philosophique, puisque liberté et sécurité sont des antagonistes directs, car “la liberté s’arrête là où commence celle des autres”. Autrement dit, la sécurité commence là où la liberté des autres s’arrête.
  • “Celui qui sacrifie sa pensée pour des slogans ne mérite ni l’un ni l’autre”.

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De gauche ou de droite ?

Dans une interview enrichissante, Jean-Claude Michéa, spécialiste de la gauche, traite la vision actuelle qu’on se fait de la politique de manière très intéressante. Notamment à propos l’opposition gauche/droite.

A 6:10, on peut notamment l’entendre dire que l’ouvrier qui vote à gauche se sent plus proche du banquier ou du cadre du FMI de gauche, que de l’ouvrier, l’employé, ou le paysan qui vote à droite.

Cette remarque est très pertinente, puisque ce sentiment est très répandu : la solidarité est conditionnée selon l’idéologie et non selon les intérêts. La première pouvant être opposée aux seconds.


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Quand c’est le produit qui paye

L’école de commerce est un aboutissement très astucieux du parasitisme, et donc, du capitalisme.

Il s’agit d’une usine qui produit des adaptés à l’entreprise. Des étudiants qui payent leur propre aliénation, afin d’être au mieux formatés idéologiquement pour pouvoir entrer dans le monde du travail.
Technique de leadership (donc manipulation), commerce (donc manipulation), marketing (donc manipulation… de masse !), etc.
Mais ce n’est pas fini !

Là où l’école de commerce est très astucieuse, c’est que le produit lui-même paye pour être exploité. Et, pire encore, l’école de commerce vend son expertise à des entreprises, ce qui fait que sous couvert de formation, l’étudiant travaille sur des projets importants, l’école est rémunérée, mais l’étudiant, lui, ne le sera sûrement jamais.
Tout au plus trouvera-t-il un travail à l’issue de son coup de génie pendant le traitement du projet proposé. Mais là encore, il n’aura fait que faire économiser à l’entreprise recruteuse des frais de recrutement.

Du génie, vous dis-je !


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L’aliénation

Le mot aliénation est lui-même aliénant, puisqu’il comporte une charge émotionnelle négative qui nous pousse à vouloir fuir ce qui nous aliène.


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Rousseau et les Tartares

“Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu’ils dédaignent accomplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins.”

Extrait de Emile, de Jean-Jacques Rousseau.

 

Par cette citation, Rousseau nous appelle à nous méfier des élites intellectuelles qui font une démonstration excessive de compassion envers les peuples lointains, alors que la souffrance de leur pairs semble les laisser dans l’indifférence la plus totale. Dans notre cas, cette indifférence peut même laisser place à un certain mépris…


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Peut-on reprocher l’ignorance ?

En voilà une vraie question : peut-on reprocher à quelqu’un son ignorance ?

Même si c’est une tendance de pensée très répandue, je reste persuadé que non, ce n’est pas possible de le faire, puisque, par définition, on ignore ce que l’on ignore. Et parfois, les choses sont faites de sorte que le peuple soit maintenu dans l’ignorance.

Alors si vous pensez toujours que oui, nous sommes responsable de notre ignorance, sachez que vous-même êtes, pour quelqu’un d’autre, un ignare fini, et qu’il vous méprise autant que vous méprisez votre ignorant. Après tout, on est tous le con de quelqu’un, non ?


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Le plaisir sans transgression ?

Lors du débat au sujet de l’interdit entre Onfray et Zemmour, ce dernier énonce une affirmation que l’on peut entendre très souvent : il n’y a pas de plaisir sans transgression.

On peut donc se demander si le voyage constitue une transgression. Et si la masturbation, ou tout acte sexuel en général, serait vidé de tout plaisir physique si ces actes n’étaient pas mal vus -le plaisir est toujours physique en dernier instance, car le plaisir se manifeste par la sécrétion d’hormones.

Penser comme le fait Zemmour, c’est penser que seul l’interdit provoque le plaisir. Alors que s’il y a plaisir dans l’interdit, c’est uniquement par conquête de l’objet de frustration (conquête que l’on peut retrouver dans la résolution d’un problème, par exemple).

Le problème génère de la frustration, mais ne représente pas l’interdit.


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Retrouver l’unité

Pour retrouver l’unité, dans une société axée sur l’individu, et donc, sur la volonté de toute puissance de celui-ci, il faut savoir étouffer cette volonté et apprendre à se soumettre, littéralement.

Le refus de soumission est devenu un comportement moteur, une réaction généralisée à toute forme de soumission, interpersonnelle ou sociale.

Et comme la vie en société implique une soumission à des règles, sans l’acceptation de cette soumission, la vie en société tendra à demeurer laborieuse.